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Nov 16 2013

Grand Corps Malade et Richard Bohringer – Course contre la honte!!!

Grand Corps Malade.
Eh Tonton, est-ce que t’as regardé dehors?
Sur l’avenir de nos enfants il pleut de plus en plus fort.
Quand je pense à eux pourtant, j’aimerais chanter un autre thème, mais je suis plus trop serein, je fais pas confiance au système.
Ce système fait des enfants mais il les laisse sur le chemin, et il oublie que s’il existe, c’est pour gérer des êtres humains.
On avance tous tête baissée sans se soucier du plan final, ce système entasse des gosses et il les regarde crever la dalle.

Tonton on est du bon côté mais ce qu’on voit, on ne peut le nier, j’ai grandi au milieu de ceux que le système a oublié.
On vit sur le même sol mais les fins de mois n’ont pas le même parfum, et chaque année monte un peu plus la rumeur des crève-la-faim.
Le système a décidé qu’y avait pas de place pour tout le monde.
Tonton, t’as entendu les cris dehors, c’est bien notre futur qui gronde.
Le système s’est retourné contre l’homme perdu dans ses ambitions.
L’égalité est en travaux et y’a beaucoup trop de déviations.

Eh Tonton… On va faire comment? Dis-moi Tonton, on va faire comment?
Est-ce que les hommes ont voulu ça, est-ce qu’ils maîtrisent leur rôle ou est-ce que la machine s’est emballée et qu’on a perdu le contrôle ?
Est-ce qu’y a encore quelqu’un quelque part qui décide de quelque chose, ou est-ce qu’on est tous pieds et poings liés en attendant que tout explose ?

Difficile de me rassurer Tonton. Je te rappelle au passage que l’homme descend bel et bien du singe pas du sage. Et c’est bien l’homme qui regarde mourir la moitié de ses frères. Qui arrache les derniers arbres et qui pourrit l’atmosphère.

Y’a de plus en plus de cases sombres et de pièges sur l’échiquier.
L’avenir n’a plus beaucoup de sens dans ce monde de banquiers.
C’est les marchés qui nous gouvernent, mais tous ces chiffres sont irréels. On est dirigé par des graphiques, c’est de la branlette à grande échelle.

Eh Tonton, on va faire comment, tu peux me dire ? Comme il faut que tout soit rentable, on privatisera l’air qu’on respire. C’est une route sans issue, c’est ce qu’aujourd’hui tout nous démontre. On va tout droit vers la défaite dans cette course contre la honte.
Eh Tonton… On va faire comment ? Dis-moi tonton, on va faire comment ?

Entre le fromage et le dessert, tout là-haut dans leur dîner, est-ce que les grands de ce monde ont entendu le cri des indignés?
Dans le viseur de la souffrance, y’a de plus en plus de cibles, pour l’avenir, pour les enfants, essayons de ne pas rester insensibles.

Richard Bohringer.
Ma petite gueule d’amour, mon Polo, mon ami Châtaigne. On va rien lâcher, on va aimer regarder derrière pour rien oublier, ni les yeux bleus ni les regards noirs.

On perdra rien, peut-être bien un peu, mais ce qu’il y a devant, c’est tellement grand. Ma petite gueule d’amour, mon Polo, mon ami Châtaigne.
T’as bien le temps d’avoir le chagrin éternel.
S’ils veulent pas le reconstruire le nouveau monde, on se mettra au boulot. Il faudra de l’utopie et du courage, faudra remettre les pendules à l’heure, leur dire qu’on a pas le même tic-tac, que nous, il est plutôt du côté du cœur.
Fini le compte à rebours du vide, plus rien dedans.

Ma gueule d’amour, mon petit pote d’azur, il est des jours où je ne peux rien faire pour toi.
Les conneries je les ai faites, et c’est un chagrin qui s’efface pas.
Faut pas manquer beaucoup pour plus être le héros, faut pas beaucoup…
Je t’jure, je t’jure, petit frère, faut freiner à temps.

Va falloir chanter l’amour, encore plus fort.
Y’aura des révolutions qu’on voudra pas, et d’autres qui prennent leur temps, pourtant c’est urgent.
Où est la banque ? Il faut que je mette une bombe, une bombe désodorante, une bombe désodorante pour les mauvaises humeurs odeurs du fric qui déborde.
Pas de place pour les gentils, pour les paumés de la vie.
Chez ces gens-là, on n’aime pas, on compte.

Ma petite gueule d’amour, mon Polo, mon ami Châtaigne. P’tit frère, putain, on va le reconstruire ce monde ! Pour ça, Tonton, faut lui tendre la main.
Tonton, il peut rien faire si t’y crois pas. Alors faudra, faudra se regarder, se découvrir, jamais se quitter.

On va rien lâcher. On va rester groupé. Y’a les frères, les cousines, les cousins, y a les petits de la voisine, y’a les gamins perdus qui deviennent des caïds de rien, des allumés qui s’enflamment pour faire les malins.
Y’a la mamie qui peut pas les aider, qu’a rien appris dans les livres, mais qui sait tout de la vie.
À force de ne plus croire en rien, c’est la vie qui désespère.
Faut aimer pour être aimé. Faut donner pour recevoir.

Viens, viens vers la lumière, p’tit frère.
Ta vie c’est comme du gruyère, mais personne ne le dis que tu as une belle âme.
Ma petite gueule d’amour, mon Polo, mon ami Châtaigne. On va rien lâcher. On va aimer regarder derrière pour rien, rien oublier.

Extrait de l’album « Funambule ».

funambule-le-nouvel-album-de-grand-corps-malade

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A propos de l'auteur

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