10 choses étonnantes sur La Réunion que vous ne saviez pas (ou presque)
Quand on pense à La Réunion, on imagine ses plages de sable noir, ses cascades et son Piton de la Fournaise. Mais cette île de l’océan Indien regorge de curiosités souvent méconnues, même des Réunionnais eux-mêmes. Voici dix faits étonnants sur cette terre intense qui ne cesse de fasciner.
1. Le Piton de la Fournaise, un volcan qui ne dort presque jamais
Le Piton de la Fournaise entre en éruption en moyenne tous les neuf mois. C’est l’un des volcans les plus actifs de la planète — et aussi l’un des mieux surveillés. Depuis les hauteurs de l’enclos, certains chanceux assistent aux coulées de lave en toute sécurité. Une expérience que peu de gens peuvent vivre ailleurs dans le monde.
2. Il neige à La Réunion — oui, vraiment
Sous les tropiques, la neige ça surprend. Et pourtant, en hiver austral, il arrive que des flocons tombent sur le Piton des Neiges ou au Maïdo. En 2003, pendant la canicule en métropole, j’étais en vacances à La Réunion. Voir les sommets de l’île tout blancs alors qu’on crevait de chaud en bas — c’était quelque chose. Une image difficile à croire pour ceux qui n’ont jamais vu La Réunion autrement que comme une île de chaleur.

3. L’île de la Réunion a porté au moins neuf noms différents au cours de son histoire
Avant même l’arrivée des Européens, des navigateurs arabes la connaissaient sous le nom de Diva Morgabin — « l’île de l’Ouest ». Les Portugais la repèrent en 1507, un 9 février, jour de la Sainte-Apolline : ils l’appellent Santa Apolonia. Le nom de Mascarin suit, tiré du navigateur Pedro Mascarenhas qui donna son nom à tout l’archipel. En 1613, un pirate anglais s’y arrête et la rebaptise sobrement England’s Forest — ça ne durera pas.
La France prend possession de l’île en 1642 sous le nom d’île Mascarin, puis en 1649 la rebaptise île Bourbon, en hommage à la dynastie régnante. Ce nom tient plus d’un siècle. La Révolution le balaie en 1793 : l’île devient île de La Réunion, en souvenir de la rencontre des fédérés marseillais et des gardes nationaux parisiens. En 1806, Napoléon impose île Bonaparte. Les Anglais s’en emparent en 1810 et lui rendent son nom de Bourbon. La Restauration le conserve.
C’est en 1848, avec la Seconde République et l’abolition de l’esclavage, que l’île reprend définitivement le nom de La Réunion.
Neuf noms pour une seule île. Chaque baptême raconte un rapport de force, une conquête, un régime qui s’impose — ou qui tombe.
4. Un métissage culturel unique au monde
Africains, Indiens, Chinois, Malgaches, Européens : la population réunionnaise est un mélange vivant. Ce brassage donne une culture, une langue et une gastronomie d’une richesse rare. Chez moi, il n’était pas rare qu’un cari soit accompagné d’un rougail dakatine et suivi d’un gâteau patate. Un repas, plusieurs continents.
5. Mafate : un cirque inaccessible en voiture
Le cirque de Mafate est l’un des rares endroits habités au monde où l’on ne peut accéder qu’à pied ou en hélicoptère. Ses habitants y vivent en quasi-autarcie, sans route, loin du bruit. C’est précisément ce qui en fait l’un des lieux les plus authentiques et les plus préservés de l’île. Une autre planète à deux heures de marche.

6. Les cases créoles, un patrimoine vivant
Colorées, en bois, bordées de varangues fleuries : les cases créoles résistent un peu partout dans l’île. Elles ne sont pas des musées — elles sont habitées, entretenues, aimées. Elles racontent un art de vivre tropical que les grands ensembles n’ont pas totalement effacé. Un patrimoine architectural discret mais précieux.

7. Deux langues, une seule île
À La Réunion, on parle français — et on parle créole. Le créole réunionnais est une langue à part entière : vivante, chantante, inventive, présente dans les rues, les maisons, les cours d’école. Ce n’est pas un patois ni un dialecte approximatif. C’est une langue qui a sa propre logique, ses propres images, et qui mérite d’être préservée.
8. Deux saisons, mais un climat à géométrie variable
La Réunion connaît deux saisons marquées : la saison des pluies de janvier à mars, et la saison sèche de mai à novembre. Mais avec ses reliefs extrêmes — de la mer à plus de 3 000 mètres d’altitude en quelques kilomètres — le climat peut changer radicalement d’un versant à l’autre. Il peut pleuvoir à Saint-Denis et faire grand soleil à Saint-Gilles le même jour.
9. La route de Cilaos et ses 400 virages
Trente kilomètres, des centaines de virages, une seule route pour rejoindre le cirque de Cilaos depuis La Rivière. Cette route mythique dessert aussi quelques îlets isolés comme Palmiste Rouge et Ilet à Cordes. Elle est régulièrement coupée par des éboulements ou des crues. Prendre la route de Cilaos, c’est déjà un peu entrer dans un autre monde.
10. Une gastronomie qui raconte l’histoire de l’île
Bouchons, samoussas, bonbons piments, caris, rougails : la cuisine réunionnaise est un carrefour de saveurs où chaque plat porte une histoire de migration, d’adaptation et d’inventivité. Je me souviens encore d’un cari poulet au feu de bois chez ma grand-mère. C’est le genre de souvenir qu’on ne mange pas — qu’on ressent.

Conclusion
La Réunion est une île de contrastes, de mystères et de merveilles. Elle surprend, émeut, émerveille. J’espère que ces quelques faits vous auront donné envie de mieux la connaître — ou de la redécouvrir. Et vous, en connaissez-vous d’autres que j’aurais oubliés ?
Questions fréquentes sur La Réunion
La Réunion est-elle un département français ? Oui. La Réunion est un département et région d’outre-mer français depuis 1946. On y utilise l’euro, et les habitants sont citoyens français à part entière.
Peut-on vraiment voir de la neige à La Réunion ? Oui, occasionnellement. En hiver austral (juin-août), il arrive que de la neige tombe sur les sommets, notamment le Piton des Neiges (3 070 m) et le Maïdo. C’est rare mais réel.
Le Piton de la Fournaise est-il dangereux ? Peu. C’est l’un des volcans les plus surveillés au monde. Les éruptions sont fréquentes mais généralement prévisibles, et les zones à risque sont balisées. Les habitants ne sont quasiment jamais menacés.
Qu’est-ce que le créole réunionnais ? C’est une langue à part entière, parlée au quotidien par la grande majorité des Réunionnais. Elle mêle du français, du malgache, du tamoul et des langues africaines. Elle s’écrit, se chante et s’enseigne.
Comment accéder au cirque de Mafate ? Uniquement à pied ou en hélicoptère. Aucune route n’y mène. C’est l’un des rares endroits habités au monde totalement inaccessibles en voiture.
En savoir plus sur Le blog de Radiblog
Subscribe to get the latest posts sent to your email.