Hiver en France : chronique d’un manque d’anticipation
“La citation du jour : Il faut toujours viser la tête. Ça évite les discussions.”
En France, la neige n’est pas un simple phénomène météo.
C’est un événement national.
Dès que quelques flocons se posent sur une route ou une voie ferrée, le pays retient son souffle.
Les trains et bus s’arrêtent .
Et les chaînes d’info lancent une édition spéciale :
« Faut-il avoir peur de l’hiver ? »
Pourquoi ça bloque si vite ?
Parce qu’en France :
-
Le matériel lourd est rare (ça coûte cher pour… trois jours par an)
-
Les conducteurs sont rarement équipés
-
Les réseaux sont pensés pour la pluie, pas pour le gel
-
Et surtout, il existe ce principe implicite :
« On verra bien »
Résultat immédiat :
3 cm de neige =
-
Trains à l’arrêt.
-
900 km de bouchons.
-
Experts météo improvisés sur tous les plateaux des chaines d’information.
Alors j’ai fait comme beaucoup : j’ai cherché sur internet
Je me suis demandé si la France était un cas isolé.
Si, ailleurs, on vivait la neige avec la même surprise annuelle.
J’ai donc comparé…
Mais pas avec les pays de grands froids.
Pas le Canada, pas la Norvège, pas la Finlande ou bien la Sibérie.
Eux, l’hiver, ils vivent avec. Ils sont équipés pour.
Non.
J’ai regardé ce qui se passe dans des pays au climat comparable à la France :
hivers modérés, neige occasionnelle, températures proches de zéro mais rarement extrêmes.
Et là, surprise.
Chez eux, la neige existe aussi… et pourtant
Dans ces pays au climat similaire :
-
On anticipe, même pour quelques jours de neige
-
On équipe les axes principaux
-
On sale ou déneige
-
On forme les agents et les conducteurs
-
On accepte une idée simple :
– l’hiver revient chaque année
Pas de panique générale.
Pas de sidération collective.
Pas de phrases du type :
« On ne s’y attendait pas »
Dans ma ville : une autre méthode
Chez moi, l’exemple est parlant.
Au lieu de dégager la neige ou de saler préventivement,
– on a fermé cinq petites rues. (Jean-Jacques Rousseau, Francisco Ferrer, Pasteur, Émile Zola, Victor Hugo (sens montant)
Pas parce qu’elles étaient totalement impraticables.
Mais parce que c’était plus simple.
Plus prudent, sans doute.
Et surtout parce que les moyens n’étaient pas là.
Plutôt que d’affronter la neige,
on l’a contournée administrativement.
La méthode française, encore et toujours
Face à la neige, la France :
-
Gère au coup par coup
-
Ferme ce qu’elle ne peut pas sécuriser
-
Espère très fort que ça fonde vite
-
Découvre chaque année que…
l’hiver revient
On anticipe peu.
On improvise beaucoup.
Et quand tout est paralysé, on conclut gravement :
« C’est exceptionnel »
Exceptionnel.
Comme la neige.
Comme l’hiver.
Qui revient pourtant… tous les ans.
Petite réflexion citoyenne
Au fond, le problème n’est pas la neige.
Elle tombe, elle fond, elle repart.
Comme ailleurs.
Le vrai sujet, c’est notre rapport à l’anticipation.
Fermer des routes plutôt que les sécuriser.
Réagir dans l’urgence plutôt que prévoir.
C’est un peu le même principe que pour les SDF.
C’est souvent en plein hiver que la France s’en inquiète vraiment.
Quand il fait très froid.
Quand les images choquent.
Quand l’urgence devient visible.
Puis le printemps arrive,
les températures remontent,
et l’inquiétude, elle aussi, fond doucement.
Anticiper……
C’est simplement reconnaître que certains phénomènes sont prévisibles.
Et qu’ils méritent mieux qu’une réaction saisonnière.
Peut-être qu’un jour,
quand trois centimètres de neige tomberont,
on parlera de météo…
pas de crise nationale.
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