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L’arrondi à l’euro supérieur : non merci, je choisis mes dons !

Ça fait quelques années maintenant qu’on me pose la question à chaque passage en caisse. Un petit écran, un bouton vert, un bouton rouge. « Vous arrondissez à l’euro supérieur pour soutenir nos associations partenaires ? »

Non. Merci.

Et non, je ne suis pas un monstre.

Au début, j’ai dit oui. Comme tout le monde, je pense. Quelques centimes, ça ne pèse rien dans le portefeuille. Et l’idée de faire un petit geste solidaire en quelques secondes, sans effort, ça semblait plutôt bien. Clic sur le vert, bonne conscience, baguette sous le bras, on rentre à la maison.

Mais avec le temps, des questions ont commencé à s’imposer. Et aujourd’hui, je refuse systématiquement — sans honte, et sans me justifier à un écran de supermarché.


À qui profite vraiment mon don ?

C’est la première question que je me suis posée. Les associations bénéficiaires ne sont pas toujours clairement affichées. Le pourcentage réellement reversé, encore moins. Et les frais de gestion prélevés au passage ? On n’en parle pas.

On vous demande de faire confiance les yeux fermés, avec le sourire, sans poser de questions. Ce n’est pas comme ça que je fonctionne.

Et puis parlons-en, de l’image que ça donne aux enseignes. Une belle vitrine « solidaire » construite entièrement sur les centimes des clients. Parce qu’elles, elles participent à hauteur de combien ? Est-ce qu’elles doublent les montants collectés pour montrer leur engagement ? Est-ce qu’elles reversent une part de leurs bénéfices ?

On attend encore la réponse.


La générosité, c’est mon affaire

Je donne. Régulièrement. Mais à qui je veux, quand je veux, après m’être renseigné. C’est ça, pour moi, la vraie solidarité — un choix réfléchi, pas un réflexe conditionné par un bouton vert en bout de tapis roulant.

Quand je décide de soutenir une association, je sais pourquoi. Je connais leur travail, leur impact, la façon dont ils utilisent les fonds. Je fais ce choix en conscience, pas sous la pression d’une caisse automatique.

L’arrondi, lui, me retire ce choix. On me demande de donner à des associations dont je ne connais parfois même pas le nom. Ce n’est pas de la générosité. C’est de la délégation forcée.


Le jour où j’ai définitivement tranché

Ce n’est pas une réflexion abstraite qui m’a ouvert les yeux. C’est une scène banale, un matin en caisse.

Une petite mamie devant moi, qui payait en liquide. Il lui manquait 97 centimes. La caissière avait déjà commencé à chercher ce qu’elle pouvait retirer de ses achats pour qu’elle puisse payer le reste. J’ai sorti la monnaie et j’ai réglé les 97 centimes.

Rien d’extraordinaire. Juste un geste humain, spontané, choisi.

Et c’est exactement là, juste après mon passage en caisse, que j’ai pris ma décision : plus jamais je n’appuierai sur le bouton vert.

Parce que ce jour-là, j’ai compris le paradoxe. On me demande d’arrondir à l’euro supérieur pour « aider ». Très bien. Mais quand il manquait 97 centimes à cette mamie, le supermarché, lui, n’a pas bougé. La caissière cherchait quoi enlever — pas quoi offrir.

On me sollicite pour être solidaire dans un système qui, lui, ne l’est pas. L’enseigne reste dans une logique commerciale pure quand ça l’arrange, et fait appel à ma générosité quand ça sert son image.

Cette morale à sens unique, très peu pour moi.


Le bouton rouge ne fait pas de moi quelqu’un de mauvais

Ça, c’est le truc qui m’agace le plus.

Le bouton vert pour accepter. Le bouton rouge pour refuser. Toute la mise en scène est pensée pour que dire « non » ressemble à un acte honteux. On joue sur la culpabilité, sur le regard du caissier, sur celui des gens derrière vous dans la file.

Ce n’est pas à un écran de me juger. Ce n’est pas à une enseigne de définir ce que signifie être généreux.

Je refuse, et je le fais la tête haute.


Ce que les enseignes pourraient faire si elles étaient vraiment sérieuses

C’est simple. Prélever une part de leurs propres bénéfices. Doubler les montants collectés auprès des clients. Afficher clairement les associations soutenues et les sommes reversées. Ce ne serait pas grand-chose pour elles. Ce serait beaucoup plus honnête.

La solidarité ne devrait pas être un supplément optionnel en fin de ticket de caisse. Elle devrait être portée aussi par ceux qui la réclament.


Ma solution à moi

Je fais mes courses à la petite boucherie du coin, chez le légumier, au marché local. Pas de caisse automatique, pas de question à la con, pas de bouton vert ou rouge. Juste des gens, des produits, et une relation directe.

Et quand je veux donner, je donne — directement, aux associations que j’ai choisies, sans intermédiaire et sans pression.

Aujourd’hui ma décision est prise et elle ne changera pas. Pas par manque de générosité — parce que j’en ai, et je l’exprime à ma façon, au moment que je choisis, envers qui je choisis. Mais parce que je refuse de laisser un écran de supermarché décider à ma place de ce qu’est la solidarité.

La solidarité, oui. Mais pas comme ça.


Et vous, vous en êtes où avec ce système ? Vous appuyez encore sur le vert, vous refusez, ou vous avez vécu une scène qui vous a fait changer d’avis ? Racontez-moi en commentaire.

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