Le cinéma, c’est devenu un luxe
Je suis allé au cinéma hier. La salle était presque vide. Et pourtant le film était vraiment bien. Alors je me suis dit : pourquoi personne n’est là ?
La réponse, elle est simple. 20,50 € la place.
Vingt euros cinquante. Pour un film. Un seul. À deux, vous êtes déjà à plus de 40 euros avant même d’être assis. Ajoutez un truc à grignoter, et vous frôlez les 50-55 euros pour une sortie. C’est le prix d’un repas au restaurant. C’est le prix d’un mois de Netflix. Franchement, c’est trop cher.
Moi je vais au ciné 7 ou 8 fois par an. Pas des masses. Et je choisis bien mes films — ce sont des films français, quasi exclusivement. Je ne suis pas fan des blockbusters américains et autres productions à grand spectacle. Chacun ses goûts, il en faut pour tous les styles. Mais moi c’est le cinéma français qui me fait sortir de chez moi.
Et même avec mes réductions, si les places étaient moins chères, j’irais un peu plus souvent. C’est aussi simple que ça. Imaginez ceux qui n’ont pas de réductions du tout.
Je suis allé voir Juste une illusion.
J’avais adoré Le sens de la fête, Nos jours heureux et Intouchables d’Éric Toledano et Olivier Nakache.
Alors forcément, j’y suis allé avec envie.
Et je n’ai pas été déçu.
Drôle, émouvant, bien joué.
Une partie du film a même été tournée pas très loin de chez moi, à Élancourt.
Et ça, forcément, change un peu le regard. Voir des lieux familiers apparaître à l’écran, ça te ramène direct à la réalité… tout en restant dans l’illusion du cinéma.
Ils augmentent les prix, les gens viennent moins. Alors ils augmentent encore.
Pathé, UGC, CGR, Megarama, Kinepolis… Ils voient les entrées baisser, donc ils compensent en montant les tarifs. Sauf que quand les tarifs montent, encore moins de gens viennent. Et ça tourne en rond. Le résultat, c’est des salles vides un jeudi après-midi pour un film encensé par la critique.
Le public n’a pas arrêté d’aimer le cinéma. Il a juste arrêté de trouver normal de payer autant. C’est pas pareil.
À ce prix-là, on réfléchit. Et quand on réfléchit, souvent on reste chez soi.
Moi, j’ai eu de la chance. Mais tout le monde n’a pas cette chance.
J’ai payé mes deux places 16 euros grâce à un site de réductions pour fonctionnaires. Sans ça, je ne serais probablement pas allé voir Juste une illusion, le nouveau film de Toledano et Nakache. Et ce serait vraiment dommage, parce que c’est un très bon film — drôle, émouvant, bien joué. La salle était quasi vide. Le film le méritait pourtant.
Sans mes prix réduits, je ne partirais plus au ciné. C’est dit. Et je ne suis pas le seul dans ce cas. Les gens qui n’ont pas accès à ces tarifs préférentiels font simplement l’impasse. Pas parce qu’ils n’ont pas envie. Parce que 20,50 € la place, c’est abudé.
Le cinéma devrait être accessible à tout le monde.
C’est ça qui me choque. Le cinéma, c’est censé être un truc populaire. Un endroit où tout le monde peut aller, peu importe ses revenus. Là on est en train d’en faire un luxe. Et les salles vides que je vois aujourd’hui, c’est le résultat direct de cette politique tarifaire. C’est bien dommage pour des films français qui n’ont pas les mêmes budgets marketing que les Marvel et consorts.
Baissez vos prix. Les gens reviendront. C’est aussi simple que ça.
Écrit après une séance à 20,50 € la place. Le film était excellent. La salle était vide. Cherchez l’erreur.