Mon Top 10 des voix féminines du maloya
À La Réunion, le maloya n’est pas simplement une musique.
C’est une mémoire vivante, un souffle ancien, une parole qui traverse les générations.
Longtemps, on a surtout raconté les hommes du maloya.
Mais dans l’ombre des kabars, dans les maisons, dans les veillées, les femmes ont toujours été là.
Elles chantent, elles transmettent, elles portent la culture.
Depuis que j’ai créé ce blog, j’ai souvent parlé du maloya. Mais aujourd’hui, j’ai envie de vous parler de ces quelques femmes qui chantent cette musique qui me fait vibrer depuis si longtemps. Aujourd’hui, certaines sont au premier plan. Voici mon Top 10 des voix féminines du maloya que je suis depuis toujours, et que je découvre aussi parfois encore aujourd’hui à travers certaines d’entre elles.
1. Christine Salem
Christine Salem chante depuis l’âge de huit ans et se fascine très tôt pour le maloya.
Elle grandit aux côtés de sa mère, femme de ménage et cuisinière, dans un environnement simple mais profondément humain.
À l’adolescence, elle apprend la guitare et se nourrit de l’univers de Danyèl Waro.
👉 Elle devient une voix puissante, grave, presque mystique, qui incarne le maloya dans sa forme la plus profonde.
2. Ann O’aro
Musicienne dès l’enfance, puis danseuse, elle se tourne ensuite vers l’écriture.
Elle compose des textes autobiographiques en créole, des fonnkèrs qui chantent sans tabou les passions, les douleurs et les vérités humaines.
👉 Chez elle, le maloya devient poésie brute et libération.
🎤 3. Jacqueline Farreyrol
Après quatorze années passées en métropole, elle revient à La Réunion en 1971 et redécouvre le maloya.
Dès 1974, Jacqueline Farreyrol entame une carrière d’auteure-compositrice-interprète.
👉 Elle devient une figure de transmission culturelle, entre séga, mémoire et identité réunionnaise.
4. Emma Nona
Auteure et compositrice, Emma Nona s’inspire d’artistes réunionnais comme Alain Peters, Zanmari Baré, Danyèl Waro ou René Lacaille.
Elle interprète sur les réseaux sociaux des morceaux mythiques de ces artistes avec son instrument favori : le kass-kass, ramené du Sénégal par son père, Eno Zangoun.
👉 Son univers relie héritage, transmission et modernité.
5. Maya Kamaty
Née à Sainte-Clotilde, elle grandit dans un milieu artistique engagé.
Fille de Gilbert Pounia (Ziskakan) et de la conteuse Annie Grondin, elle baigne dans la culture réunionnaise.
Formée au conservatoire, elle s’en éloigne à l’adolescence avant de retrouver son identité en métropole à Montpellier.
Elle rejoint le groupe Grèn Sémé.
👉 Elle compose ensuite naturellement en créole et fusionne racines et modernité.
6. Nathalie Natiembé
Chanteuse de maloya, elle est marquée par Alain Peters et Danyèl Waro.
Elle enrichit son univers avec la chanson française (Édith Piaf, Charles Trenet), les musiques africaines et celles de l’océan Indien.
👉 Un style métissé, libre et profondément personnel.
7. Simangavol
Depuis 1998, le groupe Simangavole fait résonner un maloya puissant à La Réunion et ailleurs.
Majoritairement féminin, le groupe porte une histoire forte : celle de femmes issues de la diaspora, que le maloya a ramenées vers leurs racines.
👉 Une musique de retour, de mémoire et de reconnexion.
8. Kaloune
Kaloune, de son vrai nom Judith Profil, garde son surnom d’enfance comme identité artistique.
Enfant, elle est bercée par les servis kabaré et le maloya de Granmoun Lélé, Danyèl Waro et Rwa Kaf.
Son parcours est riche : études de droit international, littérature en Angleterre, volontariat en Zambie, voyages, puis enseignement du français à Mayotte.
👉 Une artiste nourrie par le monde, entre cultures et racines.
9. Sabiah
Chanteuse et productrice, elle fait évoluer le maloya et le séga avec des influences africaines et modernes.
👉 Son univers célèbre la culture créole et l’identité réunionnaise dans toute sa richesse.
10. Madame Baba
Madame Baba est une chanteuse et auteure-compositrice réunionnaise.
Elle mélange musiques traditionnelles et influences afro-caribéennes modernes.
Ses textes parlent de vie créole, d’amour et de fierté identitaire.
👉 Une voix chaleureuse et une figure montante de la scène locale.
🔥 Conclusion
Le maloya n’est pas une musique figée.
C’est une mémoire vivante qui évolue avec le temps.
Et aujourd’hui, cette mémoire s’exprime pleinement au féminin.
“Fanm i chant’, fanm i transmet, fanm i fé viv maloya dan toute son richesse.”