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J’ai gravé mes initiales à 12 ans. Ça m’a suffit

À douze ans, j’ai gravé mes initiales sur le poignet gauche avec ce qu’on avait sous la main. Une aiguille, de l’encre de Chine, et toute la bêtise d’un gamin qui voulait se sentir grand. Résultat : deux lettres pas très droites. C’était ma première et dernière expérience avec le tatouage. Et franchement, la leçon a suffi.


La toile d’araignée sur le cou

Je veux bien faire des efforts. Le petit tatouage discret dans le creux du poignet, la date de naissance d’un enfant passe encore. Je ne comprends pas, mais je respecte.

Mais la toile d’araignée sur le cou ? Le tribal sur le bas du dos ? Le bras entier recouvert du poignet jusqu’à l’épaule comme si la peau manquait de place ? Là je décroche. Complètement.

Et la toile d’araignée en particulier — pourquoi ? Qu’est-ce qui se passe dans la tête d’un être humain le matin où il se dit « je veux une araignée sur le cou » ? Je pose la question sincèrement. Je veux comprendre. Je n’y arrive pas. Et le tribal bas du dos — on est en quelle tribu exactement ? Les Touaregs ? Les Samourais ? La zone industrielle de Chartres ?


La seule exception

Il y a un cas où je comprends. Un seul. Le prénom d’un enfant gravé sur la peau. Celui d’un parent disparu. Un tatouage qui ne cherche pas à faire beau, pas à impressionner — juste à ne pas oublier. Là je m’incline. Je ne dis rien. C’est une douleur portée sur soi, et ça me touche.

Mais c’est la seule.


Le tatouage mystère

Et puis il y a le pompon : les inscriptions en chinois, en russe, en sanskrit. Des caractères choisis sur Google Images un soir de grande inspiration, de fumette ou d’alcool.

Le problème c’est que personne ne sait vraiment ce que ça dit. Pas même celui qui le porte. Il croit avoir « force » ou « liberté » gravé sur l’avant-bras pour l’éternité. Il a peut-être « soupe du jour » ou « sortie de secours ».


Renaud et Coeur de Pirate

Je suis fan de Renaud. Vraiment fan. La Ballade Nord-Irlandaise, Hexagone, Mistral Gagnant — cet homme a écrit des choses qui durent. Et il est tatoué. Beaucoup. Je l’aime quand même, évidemment.

Coeur de Pirate pareil — une voix, une sensibilité, un vrai talent. Tatouée des deux bras. Bon.

Je fais la part des choses. L’art d’un côté, les bras de l’autre. Mais je mentirais si je disais que ça ne me traverse pas l’esprit une seconde quand je les vois en interview.


Est-ce que ça change mon regard ?

Oui. Soyons honnêtes.

Pas mon jugement sur la personne profonde, sur ses valeurs, sur ce qu’elle vaut. Mais mon premier regard, dans la rue, dans un magasin, dans un café — oui, il accroche. Il hésite une fraction de seconde.


Le regret

Je pense que certains le regrettent. Pas tous — loin de là. Beaucoup assument jusqu’au bout, et c’est leur droit le plus strict. Mais il y a forcément, quelque part, un quinquagénaire qui regarde sa toile d’araignée fanée dans le miroir et qui soupire doucement.

La peau vieillit. L’encre se dilue. Ce qui semblait éternel devient flou.

Un peu comme mes initiales sur le poignet gauche, tiens.


En conclusion

Je n’ai rien contre les tatoués. Vraiment. Certains que j’admire le sont. Certains que j’aime le sont.

Au fond, c’est une question de mode. Et comme toutes les modes, elle finira bien par passer. Sauf que la mode, elle, on peut la ranger dans un placard. Le tatouage, non. Moi je préfère être démodé. C’est moins douloureux.

Et vous ? Les tatouages, vous aimez ou pas ?

Partagez, si vous avez aimé!!!

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