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Souvenirs de Roche Carangue : grotte, mer et liberté à l’Étang-Salé

“La citation du jour : Il vaut mieux être optimiste et se tromper que pessimiste et avoir raison.”



Quand j’étais gamin, je devais avoir 6, 7 ou 8 ans, je ne m’en rappelle plus très bien, on est allés deux fois en famille à Roche Carangue, à L’Étang-Salé.
On y restait une semaine entière à chaque fois.
On dormait dans une grotte naturelle.
On mangeait là.
Pas d’eau, pas d’électricité, il y a une bonne cinquantaine d’années.

On devait être une quarantaine de personnes, toute la famille de ma mère.
Cousins et cousines partout.
On passait nos journées en maillot de bain, courant sur les rochers, jouant, parfois se baignant.
Il n’y avait pas de plage, juste quelques bassins naturels creusés par la mer où on pouvait se tremper et se baigner.
Les adultes pêchaient, et nous, les gamins, essayions d’attraper des petits poissons avec des sacs.

Les femmes montaient au domicile pour laver le linge et revenaient l’étendre sur le bord de mer, entre deux filaos.
Pour cuisiner, on faisait le feu de bois entre deux gros cailloux, avec des marmites noircies par la fumée, et tout le monde mettait la main à la pâte pour préparer les repas.

On avait un petit poste de radio à piles, posé sur un pied de filaos, à longueur de journée.
Chaque jour, on écoutait Radio Réunion pour les informations et les annonces de décès dans l’île.
De temps en temps, entre deux annonces ou infos, un bon petit séga passait : peut-être Maxime Laope, Luc Donat, ou encore Michel Admette, le prince du séga.

Tous les matins et tous les soirs, les levers et couchers du soleil me restent gravés.
Je ne me rappelle plus si c’était la période sèche ou humide, hiver ou été, mais ce rythme du soleil, lui, je ne l’oublierai jamais.

Je me demande aujourd’hui si on était les seuls à dormir dans cette grotte, ou si d’autres familles y venaient aussi. Peut-être étions‑nous seuls au monde, peut-être pas.
Je me demande aussi si cette grotte existe toujours, car même si je vais souvent en vacances dans l’île, je n’y suis jamais retourné.

En dehors de ces séjours, je me rappelle aussi :

  • la pêche au flambeau pour attraper les capucins, quand on descendait à 3 ou 4 heures du matin, après environ une heure de marche, avec des flambeaux fabriqués quelques jours avant avec des bouts de toiles de jute et d’autres éléments ;

  • la pêche aux crabes le soir, depuis le pont Mila de Bois Blanc jusqu’au bassin pirogue de l’Étang-Salé, une autre aventure magique au clair de lune.

C’étaient nos vacances.
Pas loin de la maison.
Mais cette grotte, avec la mer autour… c’était génial.
On était là. Ensemble. 

Aujourd’hui, je sais que ce genre de séjour serait interdit.
Trop de risques, pas de sécurité, pas d’hygiène, pas de règles permettant qu’une quarantaine de personnes, dont beaucoup d’enfants, vivent dans une grotte au bord de mer.
Ça rend ces souvenirs encore plus précieux et uniques, un vrai moment d’une autre époque, où la liberté et la débrouille faisaient loi.

Et vous, avez-vous aussi eu des vacances de ce genre ?

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