Mon Maloya du dimanche : « Batarsité » de Danyèl Waro.
La batarsité réunionnaise : une identité unique et métissée
La Réunion est une terre d’histoires entremêlées, de destins croisés et de cultures qui se sont fondues les unes dans les autres pour donner naissance à une identité unique : la batarsité.
Un mot fort, inspiré de « bâtardise », mais qui, loin d’être péjoratif, reflète la richesse du métissage réunionnais.
Un peuple sans catégorie
Chaque Réunionnais est le fruit d’un brassage exceptionnel.
Africain, indien, chinois, européen… aucun de ces mots ne suffit à enfermer une identité réunionnaise.
Ici, on est tout cela à la fois. Et parfois encore autre chose, quelque part entre les lignes de l’histoire.
Depuis la colonisation française au XVIIe siècle, l’île a accueilli :
- des esclaves venus d’Afrique,
- des engagés indiens,
- des colons européens,
- des commerçants chinois.
Chacun a laissé une empreinte profonde dans la culture locale :
la langue créole, les plats comme le cari, les fêtes religieuses partagées, les musiques et les danses qui font vibrer l’île.
Une richesse plutôt qu’une frontière
Si certains peuples cherchent leur identité dans une origine unique, ici, elle se construit dans la diversité.
La batarsité n’est pas un manque d’appartenance.
C’est une accumulation, un mélange, une force tranquille.
Elle se vit dans le quotidien :
- dans les familles métissées,
- dans les traditions qui cohabitent,
- dans le respect des différences,
- dans cette façon bien réunionnaise de partager.
La Réunion n’est pas une addition.
C’est une fusion.
La batarsité selon Danyèl Waro
Danyèl Waro a donné une voix puissante à cette réalité :
« Batarsité signifie, littéralement, bâtardise.
Mais dans mon cas, je parle de l’identité réunionnaise.
Nous sommes un peuple profondément marqué par le métissage. »
Impossible ici de se réduire à une seule origine : africain, indien, chinois ou européen… tout cohabite.
Non mwin pas nwar
Tarz pa mwin si mon listwar
Tortiyé kaf yab malbar
Mwin nasyon bann fran batar
Mwin pa blan
Non mwin pas nwar
Tarz pa mwin si mon listwar
Sinwa Zarab Zorèy Komor
Mwin nasyon bann fran batar
Rod atwé si ti vé
Va chercher si tu veux
Asèt atwé si ti vé
Va acheter si tu veux
Ton blansité ta peau blanche
Rod atwé si ti vé
Giny atwé si ti vé
Ton fransité
Ton côté français
Amwin m’la pa bézwin rodé
Moi, j’ai pas besoin de chercher
Amwin ferblan mon kalité
Moi, mon ferblan est ma qualité
I débord i koul atèr
Il déborde, il coule par terre
Sanm tout mon batarsité
Avec toute ma batarsité
Amwin m’la pa bézwin rodé
Moi, j’ai pas besoin de chercher
Amwin ferblan mon kalité
I débord i koul atèr
Sanm tout mon réyonèité
Rod atwé si ti vé
Asèt atwé si ti vé
Ton pirlinnsité
Rod atwé si ti vé
Giny atwé si ti vé
Ton pirsinwazté
Amwin m’la pa bézwin rodé
Amwin ganblo mon kalité
I débord i koul atèr
Sanm tout mon batarsité
Amwin m’la pa bézwin rodé
Amwin ganblo mon kalité
I débord i koul atèr
Sanm tout mon réyonèité
Rod atwé si ti vé
Pyont atwé si ti vé
Zoli kozé
Amwin m’la pas bezwin roulé
Amwin sanm mon ti margonyé
Mi giny tir mon maloya
Mon narlgon kabaré
Amwin m’la pas bezwin roulé
Amwin sanm mon ti margonyé
Mi giny tir mon maloya
Mon séga kabaré
Ral atwé si ti vé
Dékony atwé si ti vé
Ton mapinm sové
Amwin m’la pa bezwin ralé
Amwin mon touf lo tin oté
Sa i ansèrv koman zoryé
Po sana mon gaté
Amwin m’la pa bezwin ralé
Amwin mon touf lo tin oté
Sa i ansèrv koman zoryé
Po nout dé mon gaté
Une identité en mouvement
La batarsité n’est pas figée. Elle respire, évolue, se transforme.
Elle se retrouve dans les gestes du quotidien, dans les cuisines, dans les fêtes, dans les voix, dans les silences aussi.
C’est une identité qui ne cherche pas à choisir.
Elle préfère additionner.
Conclusion
La batarsité réunionnaise n’est pas une étiquette.
C’est une histoire vivante, un héritage multiple, une manière d’être au monde.
Elle ne demande pas “qui es-tu vraiment ?”
Mais plutôt : “tout ce que tu es, comment le fais-tu vivre ensemble ?”
Et c’est vrai, cette « batarsité » est une richesse, une qualité, Danyèl le chante et le dit très bien. 🙂
Réunionnaise je suis jusqu’au bout de mes ongles .Batarsité de » tout mon âme « la bâtarde »c’est moi ou d’autres comme moi à qui le mépris a accompagné leur vie .Je reste debout.
Il parle de nous tous, mais c’est vrai que toi tu dois le ressentir encore plus que nous.
Bonne soirée Lydie.
Moi, je ne suis pas blanc
Non, je ne suis pas noir
Ne me juge pas selon mon histoire
Torturé, Cafre, Yab, Malbar
Je suis de la nation des vrais bâtards
Moi, je ne suis pas blanc
Non, je ne suis pas noir
Ne me juge pas selon mon histoire
Chinois, Arabe, Zoreil, Comorien
Je suis de la nation des vrais bâtards
Va chercher si tu veux
Va acheter si tu veux
Ta blancheur
Va chercher si tu veux
Obtiens-la si tu veux
Ta « francité »
Moi, je n’ai pas besoin de chercher
Mon fer-blanc (métissage) est ma qualité
Ça déborde, ça coule à terre
Avec toute ma « bâtarsité »
Moi, je n’ai pas besoin de chercher
Mon fer-blanc est ma qualité
Ça déborde, ça coule à terre
Avec toute ma réunionnité
Va chercher si tu veux
Va acheter si tu veux
Ta « perlinéité » (peut-être : ton identité perlée, mixte)
Va chercher si tu veux
Obtiens-la si tu veux
Ta « personnalité sinwa »
Moi, je n’ai pas besoin de chercher
Moi, je joue mon identité
Ça déborde, ça coule à terre
Avec toute ma bâtarsité
Moi, je n’ai pas besoin de chercher
Moi, je mise sur ma qualité
Ça déborde, ça coule à terre
Avec toute ma réunionnité
Va chercher si tu veux
Va acheter si tu veux
Ta « perle-africanité »
Va chercher si tu veux
Obtiens-la si tu veux
Ton « européanité »
Moi, je n’ai pas besoin de chercher
Moi, je mise sur ma qualité
Ça déborde, ça coule à terre
Avec toute ma bâtarsité
Moi, je n’ai pas besoin de chercher
Moi, je mise sur ma qualité
Ça déborde, ça coule à terre
Avec toute ma réunionnité
Roule si tu veux
Peins si tu veux
De jolis discours
Roule si tu veux
Peins si tu veux
De jolis discours
Moi, je n’ai pas besoin d’en faire des tonnes
Moi, je suis comme mon petit margouillat (lézard)
Je sais sortir mon maloya
Mon kabar du cœur
Moi, je n’ai pas besoin d’en faire des tonnes
Moi, je suis comme mon petit margouillat
Je sais sortir mon maloya
Mon séga de cabaret
Ramasse si tu veux
Détourne si tu veux
Ton « mapim » sauvé (peut-être une expression locale)
Moi, je n’ai pas besoin de ramasser
Moi, j’ai mon touffe de tin (plante)
Ça conserve comme un oreiller
Pour ne pas gâcher mon destin
Moi, je n’ai pas besoin de ramasser
Moi, j’ai mon touffe de tin
Ça conserve comme un oreiller
Pour que notre amour ne soit pas gâché
c’est pas vraiment ça, beaucoup de faux sens, il y a une thèse sur le Maloya d’anthropologie et de sociologie avec les paroles traduites 😉