Le fil du temps et des silences : une histoire d’amour et de retrouvailles
Février 1983, île de La Réunion.
J’avais 17 ans quand j’ai rencontré une jeune femme de 22 ans.
Une histoire simple, tendre, qui n’a duré que quelques mois… huit, peut-être.
Mais certaines rencontres, même brèves, laissent une trace silencieuse dans une vie.
Puis un jour, sans explication, elle a disparu.
Plus de nouvelles. Plus un mot.
Quelques mois après, j’ai entendu dire qu’elle serait partie sur une autre île de l’océan Indien. Une rumeur, peut-être… Je n’en ai jamais eu la certitude.
Le temps, lui, a continué sa route.
En février 1985, j’ai quitté La Réunion. Le 5 exactement.
La veille au soir, je me souviens avoir marché longtemps dans la ville où elle vivait, avec cet espoir un peu fou de la croiser une dernière fois.
Mais non.
Le destin avait déjà fermé cette porte.
Ensuite, la vie a repris ses droits.
J’ai construit ma famille, eu deux enfants, traversé les années comme tout le monde.
Et puis, il y a une semaine, au hasard d’un réseau social, je suis tombé sur le visage d’une femme souriante.
C’était elle.
J’ai alors appris qu’elle était décédée en 2013, emportée par cette longue maladie dont on prononce parfois le nom à voix basse.
J’ai laissé un message.
Sa fille m’a répondu.
Nous avons commencé à discuter.
Je lui ai envoyé deux vieilles photos de sa mère, prises à l’époque de notre jeunesse. Deux photos que j’avais conservées pendant plus de trente ans, sans vraiment savoir pourquoi.
Sa fille m’a raconté que sa mère avait traversé une période très difficile entre la fin de 1983 et l’année 1984. Une période sombre qui l’avait poussée à couper les liens avec beaucoup de monde.
Puis la vie avait continué pour elle aussi.
En octobre 1985, elle a donné naissance à sa fille avant de quitter La Réunion pour la métropole en 1988… à seulement une trentaine de kilomètres de chez moi, sans que nous le sachions.
Cette découverte m’a laissé une drôle de sensation.
Un mélange de tristesse, de tendresse et de questions restées sans réponse.
Ni sa fille ni moi ne savons vraiment ce qui s’est passé durant cette période où elle s’était effacée du monde.
Comme quoi… la vie aime parfois écrire ses histoires avec de longs silences entre les lignes.
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Drôle je ne suis pas sûre, mais touchante, oui.
J’imagine bien ce que cela a dû te faire de retrouver sa « trace » et de découvrir qu’elle était morte.
Merci d’avoir partagé cet épisode de ta vie avec nous, Pascal.
Bon week-end à toi. Bises.